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Vin bio, biodynamique, naturel ou nature… Quelles différences ?

By 10 mai 2019 No Comments

Il y a déjà plusieurs années, nous avons vu apparaître dans nos supermarchés et sur les étales de nos maraîchers de plus en plus de produits étiquetés bio. À cette époque, de nombreuses personnes s’insurgeaient contre cette nouvelle mode de l’agriculture biologique, réservée aux bobos parisiens. Payer 4x plus cher une tomate… tout le monde ne pouvait pas se le permettre ! D’autant que certains producteurs/revendeurs utilisaient abusivement le terme « bio » pour vendre plus cher !
Difficile de vérifier véritablement la provenance d’un produit sur l’étale d’un marché…

Mais depuis, l’agriculture biologique a évolué, et les produits bio se sont démocratisés. De nombreux producteurs sont passés en bio, et les prix ont baissé. Cela a permis de rendre plus accessibles ces produits. Surtout, consommer bio n’est plus une mode, c’est devenu un véritable engagement. À l’instar du made in France dans la filière du textile, les clients veulent des produits locaux et de qualité !

Et cela n’a pas échappé à la filière viti-vinicole.
De plus en plus d’amateurs oenophiles cherchent à consommer mieux, et il est parfois difficile de s’y retrouver et de bien comprendre ce qu’on boit.

En effet, il existe aujourd’hui différentes dénominations pour parler des vins issus de l’agriculture biologique : vin bio, vin en biodynamie, vin naturel et même vin nature. Certaines de ces appellations possèdent des cahiers des charges bien précis et des organismes certificateurs, d’autres sont moins encadrées.

Mais quelles sont donc les différences entre vin bio, vin biodynamique et vin naturel et vin nature ?
C’est ce que nous avons décrypté pour vous.

Le vin bio

Le vin issu de l’agriculture biologique existe officiellement depuis 2012.
Il s’agissait avant cela de distinguer la viticulture (travail de la terre et culture du raisin) de la vinification (transformation du jus de raisin en vin).
Ainsi, avant 2012, un vin était considéré bio tant que la culture de la vigne respectait les normes de l’agriculture biologique, et peu importe ce qui se passait ensuite durant la vinification. La mention « vin issu de raisins de l’agriculture/la viticulture biologique » pouvait être apposée sur les bouteilles de vin.


Depuis 2012, les labels bio imposent aux vignerons un cahier des charges encadré au niveau européen.
Cela implique :

  • l’interdiction des OGM
  • de n’utiliser aucun produits chimiques de synthèse pour la culture de sa vigne
  • de respecter une liste d’intrants autorisés et encadrés lors de la vinification

La certification vin biologique autorise les vignerons à utiliser sur leurs vignes du cuivre, du soufre ou des « produits de contact » qui restent en surface. Ces substances sont notamment utilisées pour combattre des maladies comme le Mildiou (champignon) qui occasionnent chaque année d’énormes dégâts dans les vignes.

Lors de la vinification, le cahier des charges permet aux vignerons d’utiliser une quarantaine d’intrants dans le jus. On y retrouve les levures oenologiques sélectionnées en laboratoire, des correcteurs et stabilisants de mout pour jouer sur l’acidification, et le soufre dont l’ajout est autorisé dans une certaine limite (100mg/litre pour le vin rouge, et 150mg/litre pour le vin blanc contre respectivement 150mg/litre et 200mg/litre en agriculture conventionnelle).
L’ajout d’arômes, de colorants ou de conservateurs synthétiques est quant à lui proscrit.

Exemple de vin bio :
Evolus Rouge de la Chapelle de Novilis

Le vin biodynamique

Le vin en biodynamie, pour sa part, va plus loin que le vin issu de l’agriculture biologique.
Basés sur les écrits du philosophe autrichien Rudolf Steiner (1861-1925), l’agriculture en biodynamie prône une agriculture respectueuse de l’environnement et de la biodiversité : produire moins mais produire mieux.

C’est pourquoi les vignerons en agriculture biodynamique utilisent uniquement des composants naturels pour le travail de leurs vignes (divers fumiers, composts, cristaux de roches…). Des traitements préventifs sont effectués sur les domaines afin de « renforcer la vigne » et de l’aider à mieux se développer et se protéger des maladies. On peut notamment citer la bouse de corne (500) qui permet d’améliorer la structure des sols.

Au niveau de la vinification, le cahier des charges est beaucoup plus strict que pour les vins bio.
En ce qui concerne les intrants, les levures oenologiques sont totalement interdites, et seules les levures indigènes sont autorisées. (Pour en savoir plus sur le rôle des levures dans le vin)
L’ajout de soufre, quant à lui, est toujours autorisé, mais en quantité encore plus faible que pour les vins bio (70mg/litre pour le vin rouge et 90mg/litre pour le vin blanc).

Enfin, il existe une spécificité peu connue des non initiés, et qui fait la base de la biodynamie : la prise en compte du calendrier lunaire.
En effet, la biodynamie considère l’influence de l’activité de la lune comme prépondérante sur le développement des plantes et du sol.
On différenciera ainsi 4 catégories de jours favorables :

  • les jours feuilles
  • les jours fruits
  • les jours fleurs
  • les jours racines

En fonction de ces 4 jours, le travail du vigneron influera donc sur ses vignes. L’influence de la Lune explique aussi pourquoi certains vignerons se lèvent parfois en pleine nuit pour s’occuper de leurs vignes.

Concernant la production de vins biodynamiques, il n’existe pas de règlement commun à toute l’europe. Mais deux lables existent : DEMETER et BIODYVIN.

Ces deux organismes certificateurs sont à même de contrôler et valider la production de vins en biodynamie.
Cependant, avant d’espérer obtenir l’une de ces deux certifications, les vignerons doivent justifier d’une agriculture certifiée biologique.

Exemple de vin en biodynamie :
Canto Bruno du domaine des Maravilhas

Le vin naturel et le vin « nature »

Concernant les vins naturels, il n’existe pas véritablement de cahier des charges officiel. Les vignerons sortent du cadre des appellations (AOC) et aucunes certifications « légales » ne les rassemblent. De plus, les vignerons n’ont pas le droit de mentionner le mot « nature » sur leurs bouteilles, ce qui complique leur différenciation auprès des consommateurs.

Pourtant, deux associations existent actuellement en France pour défendre et démocratiser la production de vins naturels :

L’objectif de ces deux associations est d’élaborer un produit le plus sain possible, de la culture de la vigne à la vinification. Pour cela, les vignerons doivent ajouter le moins d’intrants et le moins de soufre possibles lors de cette vinification.
Pour autant, cela signifie tout de même que dans les vins naturels, du soufre a pu être ajouté mais en très faible quantité. Pour les vins qui n’auraient vraiment reçu aucun ajout de soufre, on parlera alors de vin sans sulfites ajoutés. Pour les vins qui n’auraient reçu absolument aucun intrant, on parlera de vin « nature ».

L’idée de ce travail au naturel est ainsi de bien faire refléter le terroir et le millésime de chaque domaine des les bouteilles.

Les deux associations AVN et S.A.I.N.S. possèdent chacune leur propre cahier des charges. Mais une règle commune existe tout de même et consiste pour les vignerons à justifier d’une agriculture biologique ou biodynamique avant d’adhérer à l’une de ces deux associations.
Les vins naturels sont en général ni filtré ni collé, ce qui peut parfois amener une couleur légèrement trouble au vin.

Exemple de vin nature :
Brouilly Vieilles Vignes de Marcel Joubert

Mais alors, quel type de vin choisir ?

Maintenant que vous avez compris quelles sont les différences entre un vin bio, un vin biodynamique et un vin naturel et un vin nature, il s’agit de faire le choix du vin à acheter ou du vin à boire !

Et là, seul vous, pouvez répondre à cette question. Mais que ce soit en bio, en biodynamie ou naturel, c’est plus qu’un choix. Il s’agit d’une démarche, d’un engagement pour le consommer mieux, et pour le respect de notre planète et de sa biodiversité. Alors peu importe votre choix, tant que le vin vous plaît et qu’il permet de partager un bon moment entre amis.

Et n’oubliez pas, le vin, c’est simple, c’est comme on aime.